• Généralités
  • Les fleurs de montagne
    • Dans les milieux humides et marécageux
    • Dans les forêts des montagnes
    • Dans les prairies et pâturages sub-alpins
    • Dans les pelouses alpines
    • Les fleurs endémiques des Alpes Maritimes
    • Les endémiques du sud-est
    • Autres végétaux

Généralités sur la flore du Parc National du Mercantour

Itinerance est ravie de faire paraitre cet article sur la flore du parc national du Mercantour, car, c’est dit, nous avons tous le droit désormais de reprendre nos chaussures de marche pour aller randonner dans nos montagnes! Nous vous proposons un tour d’horizon général sur les orchis et les fleurs des Alpes car le moment est bientôt venu de les admirer !

En attendant, informez-vous sur la flore des Alpes. Nous vous conseillons celle-ci car cet ouvrage complet est le seul guide pratique consacré aux fleurs des régions montagneuses de France, de Suisse et d’Europe:

Guide des fleurs de montagne - delachaux et niestle - 9782603021149 -

Une des plus grandes richesses floristiques d’Europe

Situation en limite des glaciations quaternaires aux influences climatiques de la Méditerranée, riche de  diversité des substrats, jeu des expositions et des altitudes…, se combinent pour donner au massif du Mercantour une des plus grandes richesses floristiques d’Europe: deux milles plantes, dont deux cents rares et une trentaine endémiques, sont présentes.

Tous les étages de végétation se succèdent, se télescopent offrant la diversité d’un voyage fictif de la Méditerranée à l’Arctique. La lavande côtoie le mélèze, le genévrier thurifère s’insinue dans les vallons alpestres, le sapin se dessine sur fond de Méditerranée.
La flore du Mercantour n’a pas fini d’étonner par sa richesse puisqu’une démarche d’inventaire a récemment permis la découverte de stations d’espèces remarquables.

Saxifrage à fleurs nombreuses (Saxifraga florulenta)

Saxifrage à fleurs nombreuses (Saxifraga florulenta)

Au sein de cette flore venue d’ailleurs ou d’un autre temps, il y a les survivantes de l’ère tertiaire qui se sont adaptées à un climat plus froid, comme le chardon de Bérard. Il y a celles qui, isolées sur les falaises-refuges (nunataks) lors des glaciations, se sont individualisées, telle l’endémique saxifrage à mille fleurs.
Il y a les voyageuses portées par le vent ou les oiseaux, ainsi les primevères venues d’Asie. Il y a enfin celles qui, écartées par les glaciations, ont reconquis le territoire au début de l’Holocène : les centaines de fleurs des pelouses et prairies, forêts et milieux humides, ainsi que les soixante-trois espèces d’orchidées que le Parc national recense sur les cent cinquante françaises.

 

Les fleurs de montagne

Du fond de la vallée aux sommets du Parc du Mercantour les différentes expositions altitudinales sont autant de raisons à la diversification des plantes. On a dénombré jusqu’à 2600 espèces. On ne situera ici que les plus représentatives: dépendantes elles aussi essentiellement de l’altitude, de l’exposition et surtout de leur biotope

Lis de Pompone (Lilium pomponium)

Lis de Pompone (Lilium pomponium)

Dans les milieux humides et marécageux

La Soldanelle des Alpes ou Perce-neige; la Civette des Alpes (jusqu’à 2400m d’altitude); la Grassette commune qui englue les insectes; la Campanule en épi (de Schenchzer) avec de magnifiques clochettes.

Flore du Mercantour/photos JRC

Flore du Mercantour/photos JRC

Dans les forêts des montagnes

L’Epilobe en épi; le Géranium des bois (dans les endroits humides aussi); la Digitale à grandes fleurs (trouée forestière); I’Ancolie des Alpes; le Laurier St Antoine (grande colonie); I’Aconit Napel, toxique, grande tige (+ d’un mètre); la Renoncule (nombreuses en Ubac); le Cirse laineux (sur calcaire); le Iys orangé (en adrets) .

Dans les prairies et pâturages sud-alpins

La Centaurée des montagnes (gros bleuet); la Trolle d’Europe (dans les pâturages humides); le Lys de St Bruno, élégante corolle blanche; la Gentiane jaune dont on utilise la racine pour la liqueur; la Casse-lunette qui porte ce nom car c’est un très petit globulaire.

 

flore du mercantour - gentiane jaune

Gentiane jaune sur le sentier du refuge de l’Olan

Dans les pelouses alpines

Le Lys Martagon est l’une des plus belles fleurs; la Gentiane printanière d’un bleu intense; I’Anémone des Alpes ou Pulsatille; I’Oeillet négligé, rose vif, visible; I’Aster des Alpes, astre en grec; I’Orchis sureau rouge ou jaune; I’Arnica Montana, médicalement connue; la Carline, gros chardon au ras du sol; I’Aconit Tue Loup, très toxique.

Les fleurs endémiques des Alpes Maritimes

La potentille, le saxifrage en cueiller ( gorges de Daluis), le saxifrage à feuilles en languette ( très commune sur les parois calcaires), la silène, les pensées sauvages. IL y a en tout 22 endémiques répertoriées dans les Alpes maritimes.

Campanule des Alpes (Campanula alpestris)

 

Comme le chardon blanc, le lys de Pompone,la Bérardie sans tige, l’orchis vanillée,fréquente sur les pelouses alpines), la campanule d’Allioni…
La nature géologique du sol détermine certaines espèces:

  • Espèces silicoles: carline des Alpes, joubarbe, gentiane bleue, génépi, marguerite des Alpes, gentiane de Koch,
  • Espèces calcicoles: genêt cendré, gentiane jaune, édelweiss
  • Indifférentes à la nature du sol : orchis sureau, arnica, renoncule des glaciers, lys Martagon, vérâtre ( ne pas le confondre avec la gentiane jaune, car c’est une plante très toxique!), l’arnica utilisé en frictions contre les coups après macération dans l’alcool), le rhododendron ferrugineux, l’achillée naine, souvent confondue avec le génépi et utilisée en liquosterie également.
Flore du Mercantour/ photo JRC

Flore du Mercantour/ photo JRC

 

De la Bérardie laineuse issue des glaciations aux saxifrages venus des époques tropicales, les fleurs ont survécu aux grands froids dans les anfractuosités de la roche. De la roche-mère au lichen, à la timide fleur nainifiée qui épanouit sa beauté dans son écrin végétal, la flore de montagne est un hymne à la vie pourtant précaire ici!

Au plus l’environnement est ingrat, au plus la fleur qui pousse dans cet univers hostile est belle et délicate. Il lui faut séduire son papillon, car à chaque espèce son butineur, attiré par son parfum!

 

Autres végétaux

On reconnait près de 2000 espèces identifiées 200 rares et 30 endémiques :

  • Campanule d’Allloni , Raîponce à feuilles en coeur , Edelweiss
  • Genépis à fleurs laineuses, Selaginelle de Suisse ,Botrychium à feuilles de matricaire
  • Berce naine,Cirse de montagne ,Bérardia laineux ,Pulsatille de Haller ,Gagée naine ,Renoncule à feuilles de Parnassie
  • Fritillaire du Dauphiné , Ancolies de Bertoloni. des Alpes, Lis martagon, orangé,
  • Cardamine à feuille d’asaret , béris du Mont Aurouse , Jonc arctique , Joubarbe d’Allioni
  • Laîche à petites arêtes , Saxifrages à deux fleurs, Orchis ensanglanté,ausse-diapensie, à fleurs nombreuses ,Listère à feuilles en coeur , Sainfoin de Boutigny, Epipogon sans feuilles , Reine des Alpes , Berce naine , Loiseleurie couchée
  • Primevères d’AlIionl. Androsaces pubescente.

Les orchidées

Sur les quelque 150 espèces d’Orchidées connues en France, 63 ont été recensées sur le territoire du Parc national du Mercantour, à l’occasion d’une prospection systématique sur le terrain (1989-1994).
Ces fleurs, qui ont de tout temps fasciné les hommes, sont parmi les plus évoluées par leur système de reproduction, mais elles sont aussi parmi les plus sensibles à toute modification de leurs milieux : abandon des pratiques agropastorales ou aux apports d’engrais par exemple.

Orchidées - flore du mercantour

“Ophrys bécasse” sur le site exceptionnel de Saorge dans les Alpes Maritimes (photo Fabrice Morel)

Elles ont colonisé pratiquement tous les milieux et s’y sont adaptées. Il est possible de les rencontrer quasiment partout, des sols humides aux prés secs et pelouses alpines, en passant par les sous-bois de
toutes sortes. Pour respecter ces magnifiques plantes : ne les cueillons pas, ne les piétinons pas, observons-les ou profitons-en pour les immortaliser par la photographie.

 
 

Orchis du parc national du Mercantour

La diversité des espèces d’orchidées représentées dans le massif illustre la richesse de ce territoire, caractérisé à la fois par sa grande amplitude altitudinale et par sa situation privilégiée de carrefour d’influences bioclimatiques. La diversité des milieux du Mercantour permet ainsi d’y rencontrer aussi bien des espèces méditerranéennes (essentiellement des ophrys) que des espèces des pelouses alpines, telles l’orchis sureau (Dactylorhiza sambucina), l’orchis grenouille (Coeloglossum viride), l’orchis blanchâtre (Leucorchis albida), les nigritelles (Nigritella sp.) ou l’orchis nain des Alpes (Chamorchis alpina).

Sur les 63 espèces répertoriées sur le territoire du Parc national, 4 présentent une distribution particulière

Ainsi, l’ophrys bécasse (Ophrys scolopax Cavanilles), espèce méditerranéenne, est essentiellement rencontrée dans les formations herbacées des étages méditerranéen et collinéen de l’extrémité sud-est du Parc national. La néottie nid-d’oiseau (Neottia nidus-avis), espèce eurasiatique saprophyte et sans chlorophylle, est représentée dans tous les types de forêt des étages collinéen et montagnard de l’espace protégé. La nigritelle de Cornelia (Nigritella corneliana) est, quant à elle, endémique des alpes sud-occidentales. Elle peut être observée dans les pelouses alpines et subalpines de l’ensemble du Parc national. Enfin, l’orchis rouge sang (Dactylorhiza cruenta), espèce boréo-alpine en limite sud de son aire de répartition, est limitée aux zones humides des étages montagnard et subalpin de la partie nord-ouest du Parc national.

  • Ophrys bourdon ou frelon:Cette orchidée revêt une forme particulière afin
    d’accueillir l’insecte qui assurera sa fécondation.
  • Orchis brulée: Orchis ustulata. On pourrait croire qu’une flamme est venue brûler le haut de son inflorescence.
  • Orchis sureau: Dactylorhiza sambucina
    Fréquente dans les alpages, cette orchidée printanière forme des populations souvent importantes de plantes aux fleurs jaunes ou rouges.
orchis vanille- flore du Mercantour

orchis vanille- flore du Mercantour

Comment découvrir la flore et se soigner en montagne ?

Dans la nature, on a envie de mieux connaitre son environnement et de se rapprocher des possibilités que la nature offre. Outre faire son jardin, on pense aussi à se soigner en montagne!

Certains vieux remèdes, ces «  drogues » comme on les appelait provenait du milieu environnant, comme la nourriture ou les matières premières. Pas question d’attraper un virus provenant de Chine, transmis par une chauve-souris ou un pangolin!

Les jeunes générations portent désormais un regard amusé, voire dédaigneux sur ces pratiques mais on s’aperçoit de plus en plus de la valeur scientifique de ces usages et ils deviennent un patrimoine précieux à transmettre en priorité avant que les Anciens ne disparaissent dans les Ehpads. Depuis les temps immémoriaux, l’homme a utilisé dans la nature les plantes médicinales. Les bergers en gardant leur troupeau notaient ce que leurs bêtes «  herborisaient. Lors des des transhumances ou lors des foires, ils échangeaient leurs constatations issues de l’experience vécue. Humains ou animaux étaient à la même enseigne. Il n’y avait pas de vétérinaire, de docteurs, de désert médical. Bien souvent un homme traversait sa vie ans aller voir de docteur!

Participez à nos stages flore et botanique

Nous proposons un séjour axé sur la botanique. Votre intervenant est ethno-botaniste et accompagnateur en montagne, séducteur de fleurs, desquelles il parle avec un amour passionné, Alain Creton, auteur de 3 livres sur les plantes, connait très bien les plantes comestibles. Disciple fervent des grands naturalistes tel que Theodore Monod, il vous accompagnera sur les chemins de la «gastrobotanique», du chemin à la table en passant par les fourneaux. Hélas, il n’a pas été possible de l’organiser en 2020 et vous en connaissez tous la raison mais le coronavirus ne s’attrape pas si facilement dans le Mercantour et vous aurez cette année l’occasion de vous inscrire à un de ces stages inoubliables!

Alain Creton est né en 1962, curieux et amoureux de la nature, accompagnateur en montagne, ce naturaliste autodidacte accompagne depuis plus de 25 ans enfants, adultes et personnes handicapées sur les chemins. Auteur de deux ouvrages consacrés aux plantes sauvages comestibles et à la flore de montagne, il a acquis une grande expérience dans l’art de transmettre sa passion et ses connaissances. Laurence Chaber est ethnobotaniste.
Le végétal est le fil conducteur de sa vie, ses domaines de recherche sont les usages de la flore sauvage ou cultivée et les arbres remarquables. Productrice de plantes médicinales biologiques pendant 25 ans elle observe l’évolution de notre relation au végétal et aime à partager son regard conscient et émerveillé sur la nature, les simples, les arbres.

 

 

Apprendre les fondements de la pharmacie de nos grand-mères

Les fleurs disposent de nombreuses priorités permettant de se soigner et bien connu par nos grands-mères, apprenez en plus grâce aux recettes du terroir de Josette Jourdan et Marie-Louise Taxil :

La Centaurée
Pour purifier le sang
En infusion, un verre le matin à jeûn.

Le Millepertuis
A des vertus cicatrisantes
Pour soigner les brûlures, les coupures, le zona.
Laisser macérer les fleurs dans de l’huile d’olive.
La Sauge
«Qui a de la sauge dans son jardin, n’a pas besoin de médecin».
Le Pissenlit
Le pissenlit est un diurétique.
L’Ail
Pour une bonne circulation sanguine et faire baisser la tension, il
faut en consommer régulièrement.
L’Ortie
Connue pour sa brûlure quand on la touche, mais aussi pour son
action bénéfique dans le traitement de l’eczéma, de l’arthrose et des
rhumatismes.
La Menthe
En infusion ou en tisane, un remède contre les troubles digestifs.
Les Queues de cerises
En infusion, diurétique et dépuratif
La Camomille
En infusion, calme les irritations des yeux et aussi aide à la digestion.
Le Tilleul
En infusion, c’est un calmant et facilite le sommeil.
Le Thym
En tisane, contre les infections pulmonaires et calme la toux.
La Lavande
Eloigne les mites des armoires.
Essence de lavande:
2 gouttes sur un sucre, contre les vers.
Antiseptique et anti-inflammatoire.

Apprendre les astuces de montagnards

Pas question de vous faire des recommandations. Nous livrons ici un condensé des pratiques ancestrales et libres à vous de les appliquer. Jouons à un jeu : vous êtes perdu en montagne, ce qui va être très difficile car nos fiches techniques sont minutieusement décrites …vous avez perdu votre pharmacie et votre portable, que faire en cas de :

  • coup de soleil : dans le temps, on remplissait une bouteille à large goulot, on couvrait d’un morceau de flanelle et on appliquait l’ouverture sur la partie brûlée : on voyait des petites bulles se former et entrer dans la bouteille. C’était le coup de soleil qui partait dans l’eau. On pouvait dans certaines campagnes réciter une prière en même temps.
  • pieds mouillés : un moyen efficace de se préserver du froid c’est d’envelopper ses pieds avec du papier journal.
  • petites plaies : sur les écorchures, voici un bon moyen de calmer: appliquer des feuilles de plantain.
  • piqûres : frotter avec 3 herbes différentes. Autre remède qui va faire hurler les hygiénistes puristes mais qui a ses défenseurs : invitez votre petit en larmes à faire pipi dans sa main et à frictionner l’endroit piqué. Le soulagement est immédiat et vous pourrez retirer le dard. Ce liquide naturel peut servir à désinfecter quand on a rien sous la main. L’urine n’était-elle pas nommée la boisson d’or au 16 eme siècle? Au XVIIIe siècle, un traité d’agronomie vante les vertus d’un breuvage qui fleure bon la nature : l’eau de Mille-fleurs. Cette eau de Mille-fleurs correspondrait à de l’urine de vache, une urine qui serait purgative et aurait des vertus pour l’asthme, les rhumatismes, la goutte sciatique… L’urine aiderait même l’organisme des tout-petits emmaillotés dans leur lange et macérant dans leur urine à se prémunir des maladies.L’urine, véritable fortifiant du système immunitaire, est devenue un traitement contemporain. d’urinothérapie.
  • coupure franche : mettre du sucre en poudre abondamment pour arréter le saignement

 

Dans nos fiches techniques, nous vous recommandons de prendre un couteau à la fois pour couper le saucisson ou le pain mais aussi en cas d’urgence, quand on randonne avec un animal, il peut s’avérer utile dans l’urgence de couper une corde, une ficelle etc.

Quand les brebis étaient gonflées suite à l’ingestion de plantes toxiques, ils pressaient la panse et parfois même la perçaient avec une pointe à un endroit connu sans toucher aux boyaux. D’autres leur donnaient de la terre ou une cuillère d’huile ou de la camomille. L’opinel servait de bistouri. Dans ce temps là, on n’hésitait pas!

On soignait le coup de sang en pratiquant la saignée et en incisant. On curait les pieds avec l’opinel également contre le piétin à la fin de l’hiver quand les bêtes stagnaient trop dans les étables. Pendant votre randonnée, si votre âne boîte, vous pourrez aussi lui curer le pied car il peut arriver qu’un petit caillou se mette dans sa fourchette et le fasse boiter. Ce n’est arrivé que 3 fois en 30 ans mais il faut le savoir et c’est bien utile d’avoir un opinel à ce moment là.

A quoi sert un vieux mégot ramassé par terre?

Un bout de «  clope » était tout aussi précieux. On le mettait dans une bouteille avec de l’eau pour que la nicotine se dilue Le tabac faisait aussi office de médicament : on chiquait beaucoup à l’époque; y-a-t-il encore quelques murs dans les villes avec cette inscription «  interdit de cracher »? On mettait la chique sur la plaque de gale. On brûlait les tiques avec le bout incandescent du mégot. Dans notre jeune temps, nous avions transporté notre âne fétiche Colombo dans une estafette. Le pauvre n’avait jamais quitté ses prairies natales et avait été choqué par ces routes, ces cahots, cette vie goudronnée! Il avait fallu qu’on lui donne 3 marlboros pour qu’il retrouves ses esprits. Plus tard ce remède lui avait tellement plu qu’il n’hésitait plus à simuler un évanouissement pour avoir  » ses sels ». Hélas pour lui, nous avions arrété de fumer et ses « vapeurs » ont stoppé.

Les vertus de l’huile de cade

genevrier cade

genevrier cade

Connaissez-vous le genévrier cade (Juniperus oxycedrus) ?

L’utilisation de son huile s’était quasiment perdue à l’exception de laboratoires pharmaceutiques qui ont continué de l’utiliser dans la composition de leurs produits dermatologiques et d’éleveurs en médecine vétérinaire pour ses propriétés antiseptiques et fongicides. Quand nos clients partent en randonnée avec un de nos ânes, nous leur fournissons le produit-phare de notre pharmacie vétérinaire que nous surnommons élégamment l’eau de toilette de Monsieur, c’est une composition d’huile de cade, d’essences diverses et d’huile d’olive.

Par ailleurs, il est de notoriété dans nos montagnes que nos clients sont suivis à la trace grâce/à cause de la puissance olfactive de ce parfum qui a le mérite d’éloigner les mouches que nos chers clients louent en même temps que leur âne, ce qui n’était évidemment pas dans le contrat de location et qui est la preuve même qu’il faut bien lire les contrats, certes ,mais que ce n’est pas suffisant pour être sûr de ses vacances. Pourtant l’huile de cade a des vertus antiseptiques, désinfectantes et cicatrisantes pour la peau notamment pour le traitement d’affections dermatologiques comme l’eczéma, le psoriasis, l’herpès ou les dermites séborrhéiques.

Dans le temps, elle servait à badigeonner les pelades ou les blessures ou comme anti-mouche. L’huile de cade est un remède ancien connu depuis l’Antiquité. Dans certaines régions, notamment en Provence, il y avait de nombreux fours à cade . Le cade avait été officiellement reconnu comme un produit antiseptique et cicatrisant pendant la 1 ere guerre mondiale Mais dans nos régions pauvres, on se contentait de la marmite en fonte et d’une distillation de fortune : on fendant le genévrier en petites planchettes et on le plaçait dans une marmite en fonte. Puis, on retournait cette marmite sur une pierre plate qui était percée d’un trou au centre pour permettre l’écoulement. On allumait ensuite un feu pendant 3/4 heures et la marmite faisait office de four. L’huile suintait de l’orifice. Il s’en dégageait une odeur entêtante de bois brûlé et d’encens âcre.

Et l’eau de vie alors…

Rien que ce terme «  eau de vie », résume son usage pour nos anciens. Elle servait à nettoyer les plaies, on s’en servait en friction pour réchauffer les agneaux nouvellement nés dans le froid du début du printemps. Aditionnée de camphre, on l’utilisait contre les douleurs vives. Les enfants savaient droit aussi à leur petit coup de gnôle. …

Une intervention de Gédéon qui ne peut pas s’empêcher de mettre son grain de sel


Gédéon, âne brouteur et penseur philosophe

 

Itinerance organise des séjours à thème sur la botanique avec un spécialiste hors du commun. Mais ici je donnerais mon avis car en tant qu’âne, je me dois de parler de la flore du Mercantour qui n’a aucun secret pour moi .

Déjà, il n’est pas interdit de la brouter dans le parc national. Ah, que n’arrive jamais le jour où il serait écrit dans les règles du parc : « interdit aux ânes de brouter la flore alpine…
Je m’égare encore sur les sentiers de ma pensée.
Si le monde était gouverné par des ânes, que deviendrait-il?

 

Bibliographie

https://en.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9odore_Monod

http://www.mercantour-parcnational.fr/fr/des-connaissances/lacquisition-et-le-partage-de-la-connaissance/linventaire-biologique-generalise

http://www.mercantour-parcnational.fr/fr/des-connaissances/le-patrimoine-naturel/une-extraordinaire-richesse-floristique/gentiane-de-ligurie

http://biodiversite.mercantour-parcnational.fr/