La représentation de l’âne dans la peinture

une jolie femme aux oreilles d’âne

La représentation de l’âne dans la peinture et les caricatures, voici un sujet d’intérêt pour Itinérance. Est-ce parce que nous apprécions la compagnie des ânes et que nous les trouvons beaux ou parce que nous aimons l’art que nous sommes sensibles aux tableaux et représentations de nos amis à longues oreilles .

L’âne de Goya, l’âne chez Gérard Garouste

Car admettons qu’il faut être passionnés pour avoir un troupeau de 80 oreilles, pour apprécier la ligne svelte de l’âne, sa robe de couleur changeante et surtout son regard doux mais parfois sombre également. Mais pas question de vous faire subir les nombreuses représentations bien pensantes de l’imagerie populaire, la fuite en Egypte, la crèche etc. ni l’âne dans les «  malheurs de Sophie » de la Comtesse de Ségur, non, c’est de l’âne de Goya, l’âne chez Gérard Garouste ou encore chez Salvador Dali dont nous allons parler.

Nous avons convoqué notre ami Gédéon dont les précieux commentaires ne manqueront pas de donner sens …surtout à l’art contemporain. Car qui mieux qu’un âne sait quoi penser? Comme il est confiné sur ses 160 hectares, Gédéon désormais se cultive et s’est épris dernièrement d’art . Nous allons donc nous pencher pendant quelques articles et selon les humeurs de notre Gédéon sur l’âne dans l’imaginaire occidental. Depuis l’Antiquité, fables et proverbes le tournent en dérision et, dans la tradition ancienne, l’âne est le sujet comique par excellence. Pourquoi incarne-t-il toujours la stupidité et l’incapacité?

Un scoop :Gédéon veut jouer de la lyre

Voilà donc que Gédéon est tombé sur deux œuvres, celle de Bruegel où on voit dans le désordre de la classe un âne studieux qui lit une partition. Les commentateurs en ont déduit que, appelé à lire la musique placée devant lui, l’âne serait donc dans la même situation que les enfants du maître d’école : inapte à ce qu’il est censé faire. Mais Gédéon, lui, en a marre de cette assimilation stéréotypée à la bêtise qui envoie à un proverbe beaucoup plus ancien sur l’impossibilité de transformer un âne en un savant. Pour preuve, il s’appuie sur cette légende de l’âne à la lyre et tombe par hasard sur la programmation du spectacle en 2021 du conte musical: la véritable histoire d’Eros et Psyché : En Grèce, un jeune homme fasciné par la magie se métamorphose en âne, malgré lui… Au cours de ses mésaventures dans sa peau de bourrique et grâce à ses longues oreilles, il écoute une merveilleuse histoire: celle d’Éros et Psyché. Elle, si belle que Vénus écumante charge Éros de la rendre amoureuse du plus monstrueux des hommes… Lui, Éros, l’archer de l’amour, pris à ses propres flèches, l’épouse en cachette et devient son mari invisible… Psyché ignore son visage et ne doit jamais le voir. Mais la curiosité la pousse à rompre le pacte nuptial et tout va basculer…Une invitation à suivre les métamorphoses d’une âme traversée par amour sous le regard attendri d’un homme qui fait hi-han. D’après « L’âne d’or » d’Apulée (IIème ap JC).
A voir donc : http://www.loiseaulyre.org/uploads/3/7/6/0/37600543/eros_et_psyche.pdf

L’âne chez Goya : Il y a des gravures qu’il ne faudrait pas montrer à nos ânes…

Deux touristes portent 2 ânes

Gédéon a punaisé un poster des « Caprices » de Francisco de Goya dans l’étable. Ce sont une série de 80 gravures réalistes et satiriques de la société espagnole de la fin du 18 eme siècle alors que l’Inquisition sévit encore en Espagne. Pour ce qui nous concerne ce sont les gravures dites « des Asnerias », les Aneries qui ont alerté Gédéon qui s’interroge sur ces deux ânes représentant un moine et un dignitaire. Le titre «  tu que no puedes », toi qui ne peux pas est un proverbe castillan qui se termine par «  llevame a cuestas ( porte-moi sur ton dos.)
Hélas, ça a donné des idées à Gédéon qui du coup se ferait bien porter par ses amis randonneurs dans les montées quand il fait trop chaud. Faut-il vous conseiller de partir en rando dans le Mercantour avec nous?

« L’âne pourri » chez Salvadore Dali

un âne en putréfaction

Ici l’âne est un prétexte à Salvatore Dali pour exprimer une certaine conception de l’esthétique. Il a 15 ans quand il rencontre un âne mort. La putréfaction chez les animaux le fascine et le répugne et il cherche à reproduire non pas ce qu’il voit mais ce qu’il ressent. La réalité est bien loin dans ce tableau à la fois délirant et hallucinatoire dont le sens appartient à chacun. Quant-à notre Gédéon qui n’est pas vraiment critique d’art, il n’est pas loin d’en conclure qu’il y a dans la nature des herbes à éviter de mâchonner et que ce n’est pas de brouter du chardon qui amène à de telles représentations de l’âne.

L’ânesse et la figue pour Gérard Garouste

Garouste est le peintre préféré de Gédéon car «  je sens qu’il nous a compris ». Dans son tableau «  Passage », le peintre à 3 bras et 3 pieds tourne le dos à «  Mein Kampf » que porte ce pauvre âne et comme le dit Gédéon «  jamais un âne qui se respecte ne porterait ce ramassis de bêtises!» Que dit-on des ânes, déjà?
L’âne lui est donc familier pour son importance symbolique dans le Talmud,qu’il a étudié pour comprendre pourquoi son père était antisémite mais aussi parce que le jeune Gérard, peu assidu à l’école, fut souvent affublé du bonnet d’âne, scène que l’on retrouve d’ailleurs dans certains de ses tableaux.

etrange animal que l’âne

Gédéon et Victor Hugo

Voici que Gédéon, de recherche en recherche tombe sur cet article sur l‘âne chez Victor Hugo:http://braire2.free.fr/modules.php?name=News&file=print&sid=45
«  Hugo approfondit encore le thème de l’âme secrète de l’animal : la bête a accès à des mystères divins, de façon obscure mais immédiate, dans « cette profondeur où l’homme ne va pas ».
Nous allons tenter d’ y aller dans un prochain article….

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