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Randonnées et contes au pays des ânes

FABLES DE LA FONTAINE EN COMPAGNIE DES ANES

Voilà une bonne façon de cheminer en révisant ses classiques en famille.....

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Les voleurs et l'âne.

Pour un Ane enlevé deux Voleurs se battaient : L'un voulait le garder ; l'autre le voulait vendre. Tandis que coups de poing trottaient, Et que nos champions songeaient à se défendre, Arrive un troisième larron Qui saisit maître Aliboron. L'Ane, c'est quelquefois une pauvre province. Les voleurs sont tel ou tel prince, Comme le Transylvain, le Turc, et le Hongrois. Au lieu de deux, j'en ai rencontré trois : Il est assez de cette marchandise. De nul d'eux n'est souvent la Province conquise : Un quart Voleur survient, qui les accorde net En se saisissant du Baudet.

L'Ane chargé d'éponges et l'Ane chargé de sel rando-ane-alpes

Un Anier, son sceptre à la main, Menait, en Empereur romain, Deux Coursiers à longues oreilles. L'un d'éponges chargé, marchait comme un courrier ; Et l'autre se faisant prier Portait, comme on dit, les bouteilles : Sa charge était de sel. Nos gaillards Pèlerins, Par monts, par vaux et par chemins, Au gué d'une rivière à la fin arrivèrent, Et fort empêchés se trouvèrent. L'ânier qui tous les jours traversait ce gué là, Sur l'Âne à l'éponge monta, Chassant devant lui l'autre Bête, Qui voulant en faire à sa tête, Dans un trou se précipita, Revint sur l'eau, puis échappa ; Car au bout de quelques nagées , Tout son sel se fondit si bien Que le Baudet ne sentit rien Sur ses épaules soulagées. Camarade Épongier prit exemple sur lui, Comme un mouton qui va dessus la foi d'autrui. Voilà mon Âne à l'eau, jusqu'au col il se plonge, Lui, le Conducteur, et l'Éponge. Tous trois burent d'autant : l'Ânier et le Grison Firent à l'éponge raison. Celle-ci devint si pesante, Et de tant d'eau s'emplit d'abord, Que l'Âne succombant ne put gagner le bord. L'ânier l'embrassait dans l'attente D'une prompte et certaine mort. Quelqu'un vint au secours : qui ce fut, il n'importe ; C'est assez qu'on ait vu par là qu'il ne faut point Agir chacun de même sorte. J'en voulais venir à ce point..

L'ÂNE ET LE CHIEN rando-ane-alpes-sud

Il se faut entraider, c'est la loi de nature : L'Âne un jour pourtant s'en moqua : Et ne sais comme il y manqua ; Car il est bonne créature. Il allait par pays accompagné du Chien, Gravement, sans songer à rien, Tous deux suivis d'un commun maître. Ce maître s'endormit : l'Âne se mit à paître : Il était alors dans un pré, Dont l'herbe était fort à son gré. Point de chardons pourtant ; il s'en passa pour l'heure : Il ne faut pas toujours être si délicat ; Et faute de servir ce plat Rarement un festin demeure. Notre Baudet s'en sut enfin Passer pour cette fois. Le Chien mourant de faim Lui dit : Cher compagnon, baisse-toi, je te prie ; Je prendrai mon dîné dans le panier au pain. Point de réponse, mot ; le Roussin d'Arcadie Craignit qu'en perdant un moment, Il ne perdît un coup de dent. Il fit longtemps la sourde oreille : Enfin il répondit : Ami, je te conseille D'attendre que ton maître ait fini son sommeil ; Car il te donnera sans faute à son réveil, Ta portion accoutumée. Il ne saurait tarder beaucoup. Sur ces entrefaites un Loup Sort du bois, et s'en vient ; autre bête affamée. L'Âne appelle aussitôt le Chien à son secours. Le Chien ne bouge, et dit : Ami, je te conseille De fuir, en attendant que ton maître s'éveille ; Il ne saurait tarder ; détale vite, et cours. Que si ce Loup t'atteint, casse-lui la mâchoire. On t'a ferré de neuf ; et si tu me veux croire, Tu l'étendras tout plat. Pendant ce beau discours Seigneur Loup étrangla le Baudet sans remède. Je conclus qu'il faut qu'on s'entraide..

L'Âne juge

Un baudet fut élu, par la gent animale, Juge d'une chambre royale: C'est l'homme qu'il nous faut! disaient autour de lui Ses amis accourus tout exprès au concile; Simple dans son maintien et dans ses goûts facile, Il sera de Thémis l'incomparable appui; Et de plus il rendra sentences non pareilles, Puisque, tenant du Ciel les plus longues oreilles, Il se doit mieux entendre aux affaires d'autrui. Bientôt l'industrieuse avette Devant cet arbitre imposant, Se plaignit que la guêpe allait partout disant Que le trésor doré des filles de l'Hymette, Loin de valoir son miel âcre et rousseau N'était bon qu'à sucrer potage de pourceau: Contre cette menteuse, impudente et traîtresse, J'implore à genoux Votre Altesse! Dit l'abeille tremblante au juge au gros museau. A ses mots l'âne se redresse Dans son tribunal Et, prenant un air magistral, Décorum ordinaire aux gens de son espèce, Il ordonne à l'huissier d'étendre au bord d'un muid Égale part de l'un et de l'autre produit. Le grison en goûta au fin bout de sa langue, Pas une fois mais deux et tint cette harangue, La gloire de la robe et du bonnet carré: La plaignante ayant fait une cuisine fade, Nous déclarons, tout très considéré, Qu'à sa compote de malade Le miel guépin est par nous préféré. Quelle saveur au palais agréable! C'est le piquant des mets délicieux, Dont Hébé parfume la table De Jupin, le maître des Dieux! Et chacun de blâmer cet arrêt vicieux. Mais Sire Goupillet, renard de forte tête, Leur dit: De votre choix vous avez les guerdons; Je n'attendais pas moins de ce croque-chardons. Selon ses goûts juge la bête!.



PRIERE POUR ALLER AU PARADIS AVEC LES ANES de FRANCIS JAMMES
Lorsqu'il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites que ce soit par un jour où la campagne en fête poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas, choisir un chemin pour aller, comme il me plaira, au Paradis, où sont en plein jour les étoiles. Je prendrai mon bâton et sur la grande route j'irai, et je dirai aux ânes, mes amis : Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis, car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon Dieu. Je leur dirai :
" Venez, doux amis du ciel bleu, pauvres bêtes chéries qui, d'un brusque mouvement d'oreille, chassez les mouches plates, les coups et les abeilles." Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits pieds d'une façon bien douce et qui vous fait pitié. J'arriverai suivi de leurs milliers d'oreilles, suivi de ceux qui portent au flanc des corbeilles, de ceux traînant des voitures de saltimbanques ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc, de ceux qui ont au dos des bidons bossués, des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés, de ceux à qui l'on met de petits pantalons à cause des plaies bleues et suintantes que font les mouches entêtées qui s'y groupent en ronds. Mon Dieu, faites qu'avec ces ânes je Vous vienne. Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises lisses comme la chair qui rit des jeunes filles, et faites que, penché dans ce séjour des âmes, sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes qui mireront leur humble et douce pauvreté à la limpidité de l'amour éternel.

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